ICSI Micro-injection Intracytoplasmique de spermatozoïde

Rappel historique:

Cette technique a également vu le jour en Europe (à Bruxelles en Belgique) dans les années 90, et elle a constitué la deuxième grande révolution du monde de la médicine reproductive. Depuis que le Dr Palermo annonça la première grossesse obtenue par des techniques de micro-injection de spermatozoïde, un nombre considérable de traitements ICSI ont étés réalisés dans le monde entier, ayant rendu possible la naissance d’enfants dont les pères étaient atteints de graves problèmes de stérilité (facteurs masculins très sévères) et qui, avant l’arrivée de cette technique, étaient condamnés à recourir au don de sperme pour devenir parents. La technique ICSI s’est perfectionnée très rapidement, et aujourd’hui elle constitue une véritable alternative aux facteurs masculins très sévères comme pour certains cas d’azoospermie, puisqu’elle permet l’utilisation de spermatozoïdes directement prélevés dans le tissu testiculaire (ICSI-TESE).

Indications:

  • Facteur masculin sévère.
  • Facteur immunologique spermatique sévère.
  • Techniques de don d’ovocytes avec facteur masculin sévère.
  • Diagnostic Génétique Préimplantatoire (DGP).
  • Test FIV négatif.
  • Facteur masculin modéré associé à une réserve fonctionnelle ovarienne faible.
  • Azoospermie obstructive (ICSI-TESE).
  • Azoospermie sécrétoire partielle (ICSI-TESE).
  • Vasectomie antérieure (ICSI-TESE).

Contre-indications:

Il n’existe en principe aucune contre-indication à proprement parler, mais l’ICSI n’est en général pas indiquée dans les cas d’azoospermie, lorsque la biopsie testiculaire préalablement réalisée indique une absence de spermatozoïdes.

Technique:

Première phase: Induction de l’ovulation (hyperstimulation ovarienne contrôlée).

L’ICSI ne doit pas être pratiquée sur des cycles ovulatoires naturels puisque nous obtiendrions un ovocyte, et la possibilité réelle de grossesse ne serait que très faible. D’innombrables schémas thérapeutiques de stimulation de l’ovulation ont été publiés et bien que dernièrement ils se soient beaucoup homogénéisés, chaque groupe se dirige vers le schéma thérapeutique lui donnant les meilleurs résultats. Ils ont tous pour objectif de parvenir à réaliser une croissance folliculaire adéquate et d’obtenir un nombre de follicules préovulatoires suffisant pour obtenir des ovocytes au stade de métaphase II, prêts à être fécondés.

Aujourd’hui le médicament inducteur de l’ovulation le plus courant est la FSH d’origine recombinante en suivant un schéma «Step-Down».

Pendant cette phase nous procédons également à une hypophysectomie chimique avec des analogues de la GnRH ou des antagonistes purs de la GnRH.

La voie d’administration la plus courante de ces médicaments est l’injection sous-cutanée. La patiente s´autoadministrera le traitement avoir appris à le faire avec nous. Pendant cette phase, on réalisera environ cinq contrôles cliniques comprenant l’évaluation des taux de 17-ß estradiol dans le sang, ainsi que le suivi échographique de la croissance folliculaire.

Lorsque nous pouvons confirmer que la majorité des follicules ovariens ont atteint une taille comprise entre 19 et 21 mm, la phase d’induction se conclue et on procède alors à l’administration d’HCG par voie sous-cutanée, environ 36 heures avant le recueil d’ovocytes.

Deuxième phase: Le prélèvement ou recueil d’ovocytes

La ponction-aspiration folliculaire se réalise en salle d’opération ou dans une salle habilitée, à travers un système d’aspiration et de lavage des ovocytes et à l’aide d’une sonde échographique vaginale.

Cet acte chirurgical, bien que très bref, se réalise néanmoins sous anesthésie, de préférence locorégionale ou sédation.

Il s’agit d’une hospitalisation ambulatoire et la patiente ne passera pas la nuit à l’hôpital.

Une fois que les liquides folliculaires obtenus passent dans les mains de l’Embryologue du Laboratoire de Procréation, on procédera à l’identification au microscope des ovocytes recueillis, ils seront isolés puis classés selon leur état de maturation. Dans cette deuxième partie, un échantillon de serme será nécéssaire pour procéder à sa capacitation.

Troisième phase: Laboratoire ICSI

Une fois que les ovocytes ont été repérés, ils seront traités et dénudés avant de procéder à la micro-injection. On ne pourra micro-injecter que les ovocytes ayant atteint le stade de métaphase-II, c’est pour cela qu’un bon suivi de la croissance folliculaire est indispensable et que la ponction doit être réalisée à un moment précis afin d’obtenir le plus grand nombre d’ovocytes possible en métaphase-II. Le processus de micro-injection de spermatozoïdes est techniquement très délicat; il consiste à maintenir l’ovocyte en place, à capter le spermatozoïde préalablement immobilisé et à l’introduire dans le cytoplasme de l’ovule, sans abîmer ce dernier. Tout ce processus se réalise à l’aide d’un micromanipulateur qui est un appareil très complexe. Après la micro-injection, les ovocytes sont placés dans un incubateur dans le but d’imiter les conditions de l’appareil génital féminin.

Quatrième phase: Transfert Embryonnaire

Il consiste à introduire des embryons, à travers le col utérin et à les déposer à environ 1,5 cm du fond utérin. Pour ce faire, on utilise un cathéter de transfert embryonnaire, fait d’un matériel très souple qui évite d’endommager la cavité utérine.

Le nombre maximal d’embryons à transférer est de 3.

Bien que l’intervention se pratique en zone chirurgicale, tout près du Laboratoire de Reproduction, la patiente n’a besoin d’aucune analgésie dans ce processus.

Elle restera une demi-heure au repos dans la salle d’opération et devra rester allongée pendant 24 heures à son domicile. Le support de la phase lutéale par l’administration de progestérone micronisée par voie vaginale est nécessaire.

14 jours après le transfert, si la menstruation ne survient pas, on procède à un test urinaire de grossesse.

Lorsque l’on obtient plus d’embryons de bonne qualité que ceux que l’on souhaite transférer, ils sont congelés afin de pouvoir effectuer des transferts ultérieurs.

Actuellement, chez les patientes de plus de 40 ans, nous recommandons vitrifier les embryons et différer le transfert dans le but d’obtenir un environnement hormonal plus favorable (niveaux d’estrogènes, de progestérone…). Nous obtenons ainsi, de meilleurs taux de grossesses, quasiment en les doublant. Quatrième phase actuelle :

  • Vitrification embryonnaire.
  • Préparation endométriale.
  • Transfert d’embryons.
técnica ICSI

Résultats:

La possibilité d’effectuer un transfert embryonnaire, d’au moins un embryon est de 95%. Le taux de grossesse par cycle est d’environ 46%, il varie en fonction de l’âge de la femme et du nombre d’embryons transférés.

Ce taux de grossesse diminue à 28% si la patiente a plus de 40 ans, ces résultats pouvant être augmentés si le transfert est différé.

Complications:

  • Grossesse multiple dans 14% des grossesses obtenues.
  • Syndrome d’hyperstimulation ovarienne sévère (dans 1% des cas), essentiellement chez les patientes de moins de 30 ans ou les patientes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques.
  • Possibles troubles psychologiques dus aux échecs à répétition.
familia Quirón URA